Réglementation Drone en 2026 : ce que tout agent immobilier doit savoir pour éviter les sanctions
Catégories Ouverte et Spécifique, classes de drones, vol en agglomération enfin autorisé, déclaration AlphaTango J-10, sanctions encourues : le guide complet et à jour, expliqué par un télépilote certifié DGAC.
ACAudrien Ciesielczyk- Fondateur & Pilote certifié DGAC•5 mai 2026• 13 min de lecture
En 2026, faire voler un drone au-dessus d'un bien immobilier n'a plus rien d'un geste anodin. La réglementation s'est entièrement européanisée, les règles du vol en ville ont changé au 1er janvier, et les sanctions encourues en cas de manquement sont sévères. Pour un agent immobilier, une seule certitude : la vidéo aérienne est devenue un argument de vente incontournable, mais elle n'a de valeur que si elle est produite dans les règles. Voici, clairement, ce que dit la loi et ce que cela implique pour vos annonces.
Le cadre réglementaire en 2026 : tout est européen
Beaucoup d'agents parlent encore des « scénarios S1, S2, S3 » ou de la « déclaration préfectorale ». Ces notions appartiennent au passé. Depuis le 1er janvier 2024, la France a définitivement basculé dans le cadre du règlement européen (UE) 2019/947, complété par le règlement (UE) 2019/945 sur les caractéristiques techniques des appareils. La période de transition est close : les anciens scénarios nationaux ont disparu, tout comme les brevets d'aptitude obtenus par simple déclaration sur l'honneur, qui ne sont plus valides depuis le 1er janvier 2026.
Ce cadre européen répartit l'ensemble des vols en trois catégories, non pas selon le type de drone, mais selon le niveau de risque de l'opération. C'est un changement de logique fondamental : ce n'est plus « quel drone ai-je ? » mais « où et comment je vole, et quel danger cela représente-t-il pour les personnes au sol ? ».
À retenir : parler encore de « scénario S3 » en 2026, c'est comme parler en anciens francs. Le bon réflexe est de raisonner en catégories (Ouverte, Spécifique, Certifiée) et en classes de drones (C0 à C6).
Les 3 catégories de vol : Ouverte, Spécifique, Certifiée
Comprendre ces trois catégories, c'est comprendre 90 % de la réglementation. Pour l'immobilier, seules les deux premières nous concernent réellement, la troisième étant réservée aux opérations à haut risque (transport de personnes, gros aéronefs).
Catégorie Ouverte
Risque faible · Sous-catégories A1 / A2 / A3
Vol à vue directe (VLOS), drone de moins de 25 kg, hauteur limitée à 120 m. C'est le régime de l'immense majorité des tournages immobiliers. Depuis 2026, il couvre aussi, sous conditions, le survol de l'espace public en agglomération.
✓ La plupart des biens
Catégorie Spécifique
Risque modéré · STS-01 / STS-02
Opérations plus exigeantes (drone plus lourd, environnement complexe). Elle repose sur les scénarios standards européens STS-01 (vol à vue en zone peuplée) et STS-02, sur une déclaration d'exploitation ou une autorisation DGAC après analyse de risque.
📋 Déclaration / autorisation DGAC
Catégorie Certifiée
Risque élevé
Réservée aux opérations comparables à l'aviation habitée : transport de personnes, survol de foules, marchandises dangereuses. Elle ne concerne jamais un tournage immobilier et suppose une certification de l'aéronef et de l'exploitant.
Hors sujet immobilier
Sous-catégories A1 / A2 / A3 et classes de drones
Au sein de la catégorie Ouverte, tout se joue sur la distance aux personnes et sur la classe du drone (un marquage « C0 » à « C6 » désormais obligatoire sur les appareils neufs). Plus le drone est léger et proche des standards de sécurité, plus il peut évoluer près des gens. Le tableau ci-dessous résume l'essentiel.
Sous-catégorie
Classes de drones
Masse
Distance aux personnes
A1
C0 / C1
< 250 g / < 900 g
Survol toléré en C0, survol accidentel admis en C1
A2
C2
< 4 kg
30 m des personnes (5 m en mode basse vitesse), pas de survol
A3
C2 / C3 / C4
< 25 kg
Loin des personnes, à 150 m des zones habitées
Pour l'immobilier, c'est la sous-catégorie A1 qui est reine : nos drones Cinewhoop de moins de 250 g (classe C0) sont les plus sûrs et les plus tolérants en matière de proximité, ce qui les rend idéaux pour approcher un bien, sa terrasse ou son jardin. La formation du télépilote suit la même logique : un examen théorique en ligne de 40 questions (75 % de bonnes réponses exigées) pour l'A1/A3, complété d'un brevet A2 pour voler plus près des personnes.
La grande nouveauté 2026 : le vol en agglomération
C'est le changement le plus attendu, et il concerne directement l'immobilier urbain. Jusqu'en 2025, le survol de l'espace public en ville imposait presque systématiquement de basculer en catégorie Spécifique, avec des démarches lourdes. L'arrêté du 23 décembre 2025, entré en vigueur le 1er janvier 2026, a nettement simplifié les choses pour les professionnels.
Désormais, le survol de l'espace public en agglomération est possible en catégorie Ouverte, à trois conditions cumulatives :
justifier d'un caractère professionnel de l'opération (document contractuel, mission identifiée),
voler avec un drone de classe C0, C1 ou C2 (jusqu'à 4 kg) en sous-catégorie A1 ou A2,
déposer une déclaration préalable au minimum 10 jours avant le vol (J-10), via le portail AlphaTango et auprès de la préfecture concernée.
Ce préavis de 10 jours unifie les délais : il s'applique aussi bien à la catégorie Ouverte en espace public qu'au scénario STS-01 en catégorie Spécifique (le délai y est passé de 5 à 10 jours, et l'ancien plafond de 30 jours a été supprimé). Concrètement, pour filmer un appartement avec vue ou un immeuble de standing en centre-ville, il faut désormais anticiper d'au moins deux semaines. C'est précisément ce que nous intégrons à notre planning de production.
Ce que ça change pour vous : des biens urbains longtemps « difficiles à filmer » deviennent accessibles à la vidéo aérienne, à condition d'anticiper la déclaration J-10. Un prestataire sérieux vous le dira dès la prise de rendez-vous, jamais la veille du tournage.
Vos obligations concrètes en 4 points
Au-delà des catégories, la loi impose une série de formalités précises. Les voici, telles qu'elles s'appliquent à toute captation aérienne professionnelle.
Enregistrement de l'exploitant sur AlphaTango. Obligatoire dès que le drone dépasse 250 g ou embarque une caméra ou un capteur de données. L'exploitant obtient un numéro à apposer visiblement sur chaque appareil. C'est gratuit, mais c'est la base de la conformité.
Enregistrement de l'aéronef & signalement électronique. En France, tout drone de 800 g ou plus doit être enregistré et équipé d'un dispositif de signalement électronique et lumineux. En dessous, nos Cinewhoop de moins de 250 g en sont dispensés.
Formation et attestations du télépilote. Examen théorique DGAC pour la catégorie Ouverte, brevet A2 et compétences spécifiques pour la catégorie Spécifique. Ces attestations doivent pouvoir être présentées à tout contrôle.
Assurance responsabilité civile professionnelle. Indispensable pour couvrir tout dommage aux biens ou aux personnes. L'attestation doit accompagner chaque déclaration de vol et peut vous être fournie sur simple demande.
Nos drones Cinewhoop de moins de 250 g (classe C0) : le format le plus sûr et le plus tolérant de la catégorie Ouverte, idéal pour l'immobilier.
Filmer un bien immobilier : quel régime selon la situation ?
La théorie est posée, passons au concret. Selon l'emplacement du bien et le type de prise de vue, voici le régime applicable, et la démarche que nous prenons en charge à votre place.
Situation du bien
Régime applicable
Démarche
Maison / domaine en zone peu peuplée
Catégorie Ouverte (A1/A3)
Aucune autorisation préalable
Bien en agglomération, extérieur
Catégorie Ouverte (depuis 2026)
Déclaration J-10 (AlphaTango + préfecture)
Environnement complexe / drone lourd
Catégorie Spécifique (STS-01)
Déclaration d'exploitation DGAC
Intérieur du bien (FPV)
Hors réglementation aérienne
Aucune démarche, sécurité renforcée
Zone sensible (aéroport, site protégé)
Restrictions / interdiction
Vérification Géoportail, accord spécifique
Dans tous les cas, la première étape est de vérifier les zones de restriction sur les cartes officielles (Géoportail, AlphaTango) : proximité d'un aéroport, d'une base militaire, d'un site classé ou d'une zone de rassemblement. Nous réalisons systématiquement ce repérage réglementaire avant toute intervention, en complément du repérage artistique décrit dans notre guide de la vidéo immobilière en drone FPV.
Le cas particulier du vol FPV en intérieur
C'est une bonne nouvelle pour l'immobilier : le vol à l'intérieur d'un bâtiment n'entre pas dans le champ de la réglementation aérienne. Un espace clos n'est pas de l'espace aérien au sens du code des transports. Aucune déclaration, aucune autorisation DGAC n'est donc requise pour réaliser un plan-séquence immersif qui traverse le salon, monte l'escalier et ressort par une baie vitrée.
Mais « hors réglementation » ne veut pas dire « sans règles ». La sécurité des personnes et des biens reste entière. C'est pourquoi nous appliquons un protocole strict :
Drones de moins de 250 g à hélices intégralement carénées (prop guards), moins dangereux qu'un jouet,
Repérage et vols de répétition à vide avant toute captation, accès sécurisés et occupants informés,
Un télépilote expérimenté : plus de cent vols intérieurs réalisés, sans le moindre incident.
Les sanctions : pourquoi l'amateurisme coûte cher
C'est le point que trop d'agences sous-estiment. Faire appel à un « ami qui a un drone » ou à un prestataire non déclaré pour gagner quelques centaines d'euros peut se transformer en très mauvaise affaire. La réglementation prévoit des sanctions pénales dissuasives.
75 000 €d'amende et jusqu'à 1 an de prison pour survol de zone interdite ou mise en danger d'autrui (code des transports)
Saisiede l'aéronef et confiscation du matériel en cas d'infraction constatée
Responsabilitéqui peut remonter jusqu'au donneur d'ordre : l'agence ou le vendeur peuvent être inquiétés
Le vrai risque : ce n'est pas seulement l'amende. C'est l'incident non couvert (drone qui heurte une façade, blesse un passant) avec un prestataire sans assurance : la victime se retourne alors vers celui qui a commandé la prestation. La conformité de votre prestataire est aussi votre protection.
Aelis Vision : la vidéo aérienne, dans les règles de l'art
Chez Aelis Vision, la conformité n'est pas une case à cocher : c'est le socle de notre métier. Nous produisons des vidéos immobilières spectaculaires parce que nous maîtrisons parfaitement le cadre qui les autorise. Vous obtenez le meilleur des deux mondes : l'émotion d'un film immersif et la sérénité d'une production 100 % légale.
Notre engagement de conformité
Télépilote certifié DGAC, formé aux catégories Ouverte et Spécifique (STS-01)
Exploitant enregistré sur AlphaTango, numéro apposé sur chaque appareil
Assurance RC professionnelle spécifique drone, attestation sur demande
Gestion complète des démarches : repérage réglementaire, déclaration J-10, vérification des zones Géoportail
Drones de moins de 250 g à hélices carénées pour des vols intérieurs sans risque
Report sans frais en cas de météo ou de conditions incompatibles avec la sécurité
La réglementation drone 2026 est plus claire qu'il n'y paraît, à condition de raisonner en catégories européennes et non plus en anciens scénarios. Retenez trois choses : le vol en agglomération est désormais ouvert aux professionnels moyennant une déclaration J-10, la conformité (exploitant enregistré, télépilote formé, assurance) est non négociable, et le vol intérieur reste libre mais exige un vrai savoir-faire sécurité. En choisissant un prestataire certifié DGAC, vous transformez une contrainte réglementaire en gage de sérieux vis-à-vis de vos vendeurs.
La checklist d'un tournage immobilier conforme
Prestataire exploitant enregistré sur AlphaTango (numéro visible)
Déclaration J-10 anticipée pour tout vol en agglomération
Vérification des zones de restriction (Géoportail / AlphaTango)
Drone < 250 g à hélices carénées pour les prises de vue en intérieur
Questions fréquentes
Cela dépend du lieu. En zone peu peuplée (campagne, domaine isolé), un vol en catégorie Ouverte avec un drone léger ne demande pas d'autorisation préalable. En agglomération, depuis l'arrêté du 23 décembre 2025 applicable au 1er janvier 2026, le vol professionnel est possible en catégorie Ouverte mais suppose une déclaration préalable déposée au minimum 10 jours avant (J-10) auprès de la préfecture via AlphaTango. Aelis Vision réalise l'intégralité de ces démarches pour vous.
L'arrêté du 23 décembre 2025, entré en vigueur le 1er janvier 2026, ouvre le survol de l'espace public en agglomération à la catégorie Ouverte pour les opérations professionnelles, à condition de justifier d'un cadre professionnel et de déposer une déclaration préalable au moins 10 jours avant le vol. Ce préavis (J-10) unifie désormais les délais entre la catégorie Ouverte et le scénario standard STS-01.
Pour toute prise de vue aérienne à des fins professionnelles, l'exploitant doit être enregistré auprès de la DGAC sur AlphaTango, le télépilote doit être formé et disposer des attestations correspondantes, et une assurance responsabilité civile professionnelle est indispensable. Confier un tournage à un prestataire non déclaré expose le vendeur comme l'agence à un risque juridique et assurantiel réel. Aelis Vision est piloté par un télépilote certifié DGAC, assuré et enregistré.
Le vol en intérieur n'est pas soumis à la réglementation aérienne (un espace clos n'est pas de l'espace aérien) : seules les règles de sécurité s'appliquent. Nous utilisons des drones Cinewhoop de moins de 250 g à hélices intégralement carénées, conçus pour évoluer au plus près des personnes et du mobilier. Après plus de cent vols intérieurs, nous n'avons jamais causé le moindre dégât.
Les sanctions sont lourdes. Le survol d'une zone interdite ou la mise en danger d'autrui peut être puni jusqu'à un an d'emprisonnement et 75 000 € d'amende (code des transports), avec saisie possible de l'aéronef. S'ajoutent les conséquences assurantielles : en cas d'incident avec un prestataire non déclaré, la responsabilité peut remonter jusqu'au donneur d'ordre. La conformité n'est pas une option, c'est une protection.
Non. En catégorie Ouverte, le vol est plafonné à 120 mètres de hauteur, interdit de nuit sauf conditions particulières, et proscrit par pluie, vent fort (au-delà d'environ 40 km/h), brouillard ou visibilité insuffisante. En cas de météo défavorable, nous reportons le tournage sans frais supplémentaires afin de garantir la sécurité et la qualité d'image.
Sources : Règlement (UE) 2019/947 & 2019/945, ministère de la Transition écologique (exploitation de drones en catégorie ouverte), arrêté du 23 décembre 2025 sur le vol en agglomération (application 1er janvier 2026), DGAC / portail AlphaTango. Cet article a une vocation informative et ne se substitue pas aux textes officiels, susceptibles d'évoluer.
Une vidéo aérienne 100 % conforme pour vos biens ?
Confiez-nous vos tournages : nous gérons la réglementation de A à Z, vous ne gérez que vos ventes.